Sabin Joseph BRULOY (1752-1831)
Sabin Joseph Bruloy naît à Lille le 23 mai 1752, son père est Ignace Séraphin Joseph BRULOY (1720-1786 ) maître apothicaire à Lille et sa mère Marie Claire LOUVEZ ( †/1786)
Après de bonnes études littéraires et pharmaceutiques, il entre dans le Service de santé des armées comme apothicaire élève appointé à l'hôpital d'instruction de Lille le 19 avril 1773. Dans cet emploi qui lui laisse quelques libertés, il s'instruit et brillant devient lauréat de l'Ecole de botanique en 1774.
Il se marie à Lille le 24 novembre 1778 avec Marie Louise Robert (née en 1749) puis le 11 novembre 1784 avec Marie Célestine Joseph Emel (1760-), son épouse précédente Marie Anne Louise Robert étant décédée. A son mariage il a comme témoin Nicolas Vaguer, apothicaire major à l'hôpital militaire St Louis de Lille. Marie Emel lui donne six enfants dont quatre filles :
- Marie Célestine Henriette Josephe Bruloy née le 3 septembre 1785 à Lille et se marie à Paris à Saint Sulpice avec François Deletombe le 1 octobre 1810.
- Marie Célestine Hyacinthe Joseph baptisée le 11 novembre 1789 mariée le 13 avril 1815 à lille à Jean Joseph Denniée décède la 22 juin 1822 à Versailles à 32 ans.
- Estelle Adélaïde Célestine née vers 1799 mariée à Charles Auguste Dubois décède à Laon le 21 février 1881 à l'âge de 82 ans.
- Marie Joséphine Célestine Aldegonde mariée à Jean Fabre de la Benodière le 15 février 1831 à Paris église Saint Roch.
Il a aussi deux fils, le fils cadet meurt durant la retraite de Russie et l'ainé Auguste Celestin Joseph Bruloy est pharmacien militaire comme lui et il le soignera à Wilna du typhus..Lle 19 août 1775, il est nommé par concours élève en pharmacie c'est à dire sous-aide major de troisième classe.
Le 13 juin 1779 il passe à l'Armée de Normandie comme Aide-Major soit de première classe.
En 1781, il est maintenu dans ce grade à son retour à l'hôpital militaire de Lille.
Le 10 août 1788 il est détaché de cet hôpital pour le camp dit de Saint Omer commandé par le Prince de Condé.
Le 27 décembre 1788 il occupe le rang d'aide major à Lille à la suite de la nouvelle organisation des hôpitaux militaires et à 35 ans il y est chargé de l'enseignement pratique de la pharmacie comme démonstrateur.
Nommé pharmacien major de l'hôpital d'instruction de Lille
Un litige l'opposant avec le professeur dont il était l'adjoint sur la doctrine de Lavoisier, le fait remarquer par Bayen alors chef de la pharmacie militaire et celui-ci le nomme comme pharmacien chef de l'hôpital le 21 février 1792 en remplacement de Mr Wagner mort à son poste. Cette promotion est le début d'une ascension très rapide et il va bientôt être nommé par le Roi le 15 avril 1792 comme Pharmacien en Chef pour diriger et organiser les services pharmaceutiques de différentes armées notamment l'Armée du Nord puis celle des Ardennes le 31 décembre en remplacement de Mr Thirion mort à son poste.
Le 2 ventose an 2 (20 février 1794) , il reçoit l'ordre du ministre de la guerre de quitter l'armée des Ardennes pour remonter l'hôpital de Lille désorganisé par un incendie considérable.
Le 1er nivose an 3 (dimanche 21 décembre 1794) le Comité de Salut Public satisfait de sa conduite à Lille, le nomme pharmacien en chef à l'Armée de Moselle en remplacement du citoyen Guéret mort à son poste. Puis Pharmacien en Chef au sein des armées de Rhin et de Moselle à la suite de la réunion de ces deux armées.
Le 17 frimaire an 3 (7 décembre 1794), il est nommé et breveté par le ministre de la guerre Aubert Dubayeu, Pharmacien en chef de l'armée de l'Intérieur à Paris.
Le 7 brumaire an 4 (29 octobre 1795), le Comité de Salut public sur proposition du Conseil de Santé ou siège Paarmentier il est nommé à l'hôpital du d'Instruction du Val-de-Grâce Pharmacien en Chef Professeur de chimie et d'histoire naturel avec le traitement d'officier de santé en chef,
Le 7 floréal an 4 (26 avril 1796) il est envoyé à l'hôpital d'Instruction de Lille par le ministre de la Guerre pour y remplir les mêmes fonctions avec le même traitement en récompense de ses services selon le ministre.
Le 27 pluviose an 6 (14 mars 1800) il est nommé Inspecteur Général du Service de santé en remplacement de Pierre Bayen mort à son poste. Il n'a que 48 ans.
Le 23 ventose an 8 (14 mars 1800) il est détaché de l'Inspection générale par le ministre de la guerre Louis-Alexandre Berthier pour aller en la qualité d'inspecteur général diriger le service de santé de l'Armée de réserve d'Italie commandée à Marengo par le Premier Consul Bonaparte.
A son retour d'Italie, le poste de pharmacien inspecteur est supprimé et Bruloy est attaché par le ministre de la guerre Lacnée au Val-de-Grâce comme pharmacien en chef le 28 vendémiaire an 9 (21 octobre 1800) avec le traitement d'Officier de santé en chef d'armée en récompense des services qu'il a rendu tant aux armées qu'à l'hôpital d'instruction de Lille et qu'à l'Inspection générale du service de santé à Paris...
Il est ensuite confirmé dans ce poste le 15 pluviose an 10 (4 février 1802) pharmacien de première classe au Val-de-Grâce par les ministre Alexande Berthier
Le 11 vendémiaire an 12 (4 octobre 1803) , il est nommé pharmacien principal au Camp de Saint Omer puis au camp de Boulogne commandé par Bonaparte le 1 février 1804 où il reçoit la "petite aigle" le 14 juin 1804 selon Lodibert. "des mains de Napoléon qui lui adresse quelques paroles dont l'objet est de lui exprimer combien il l'avait mérité" . Il est donc fait chevalier de la Légion d'honneur ce 14 juin 1804.
vendémiaire an 12 septembre 1805. il est nommé pour être Inspecteur général du Service de santé pour la Grande Armée en Allemagne en remplacement de Parmentier qui quitte ce service pour raisons de santé juste avant le passage du Rhin avec le traitement d'inspecteur général ce titre est discuté et il devra rembourser une partie de sa solde comme tel. Le service de santé est organisé avec à sa tête Coste avec titre de premier médecin, Percy premier chirurgien et Bruloy premier pharmacien.
Du 2 septembre 1805 au 22 janvier 1812 comme pharmacien en chef, Bruloy est très estimé des autres pharmaciens militaires et même des intendants pour "l'ordre et l'exactitude" dont il fait preuve dans le service.
il dirige les services pharmaceutiques des Armées d'Autriche, de Prusse, de Pologne, du Rhin, et du corps d'Observation de l'Elbe.
En 1812, il fait la campagne de Russie comme pharmacien principal du 1er corps commandé par le prince D'Eckmulh qui avait pour cet officier de santé supérieur une grande estime et une affection dont il se plaisait à lui donner témoignage. Sur la route de la retraite, Bruloy voit mourir le plus jeune de ses fils et son neveu. Le coeur brisé il arrive à Wilna avec son fils aîné (Auguste Bruloy) alors pharmacien major. Il soigne et il sauve par ses soins son fils atteint du typhus qui ravageait la ville et qui fit de nombreux morts parmi les soldats de la Grande armée et notamment des pharmaciens militaires.
Jacob décrit cet épisode particulièrement pathétique. "Laubert et Bruloy arrivent le 9 décembre 1812 à Wilna. Le 10, à l'arrivée des Russes la ville est évacuée et Bruloy reste près de son fils malade "son intention disait il était de la faire porter à la pointe du jour et avant l'arrivée des Russes à l'hôpital. Son fils Auguste engageait son père à suivre les mouvements de l'armée et de ne pas reste volontairement prisonnier. Cette scène faiblement éclairée par la lumière vacillante d'une chandelle qui s'éteignait près du cadavre de Chaumont était déchirante".
Napoléon sachant le sort de Bruloy, prisonnier à Wilna, le nomme cependant pharmacien en chef de sa Garde Impériale par décret du 11 février 1813 en remplacement de Sureau mort de froid sur la route de Kovno.il habite 77 rue du Bac à Paris.
A la paix de 1814, Bruloy est libéré et reprend des fonctions le 24 août 1814 il est nommé par le Roi au grade de pharmacien en chef de sa Maison Royale. Puis pendant les événements de 1815, retenu à Paris, il ne peut participer à la bataille Waterloo.
En 1816, il subit les conséquences du licenciement général et il est admis à la retraite à 64 ans le 1er février 1816 avec le maximum de pension 3600 francs.
Il aura été 30 années au service des armées et de la pharmacie militaire dont dix années de guerre : c'est l'un des plus grand pharmacien militaire très injustement oublié qui a eu un carrière très riche, voir exceptionnelle tout en étant exemplaire.
Il décède 15 ans plus tard le 23 janvier 1831 à 79 ans à Lille.
Références
Sylvie OULIEU "contribution à l'histoire de la pharmacie : les pharmaciens de la grande armée" Thèse de pharmacie université Claude Bernard Lyon I, 5 décembre 1986
Généanet : Sabin Bruloy
Archives de la Légion d'Honneur.