Louis Carle GESSARD (1850-1925)

Louis Carle Gessard est né à Paris 5 ème (34 rue du Faubourg Saint Denis) le 3 octobre 1850. Fils de Charles Chrétien Gessard âgé de 42 ans (employé) et de Elisabeth Julie Colpin (sans profession) agée de 32 ans.

Louis Carle est le petit-fils de Louis-Marie Gessard né à Pont-Lévêque le 9 octobre 1771.

Il commence sa carrière militaire comme élève en pharmacie en 1873, après la guerre Franco-Prusienne, il sort major de sa promotion au Val-de-Grâce lieu de l'enseignement pour les pharmaciens militaires.

Il est alors affecté le 31 décembre 1875 comme aide-major de 2ème classe à l'Hôpital du Gros Caillou à Paris puis il est promu pharmacien de 1ère classe le 31 décembre 1877 et muté à l'hôpital militaire de Saint Martin le 17 mai 1878 puis de Médéa en Algérie le 28 janvier 1879.

gessardMuté à l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce à l'Ecole de médecine et pharmacie le 9 avril 1879, il y découvre le bacille pyocyanique (Pseudomonas aeruginosa), à l'origine du phénomène du pus bleu des plaies. En 1881, Louis Pasteur lui rend visite au Val-de-G râce et l'encourage à continuer ses recherches sur le pyocyanique. La reconnaissance de ses travaux par le grand homme de sciences provoque beaucoup de jalousie de la part des autres praticiens médecins et pharmaciens de l'hôpital. Pasteur s'étant présenté à l'hôpital pour y rencontrer Gessard. Le médecin inspecteur local prévenu de la visite convoque d'urgence son état-major de professeurs et se rend à la Pharmacie pour s'entendre dire très simplement de la part de Pasteur " "il est venu voir les cultures de M. Gessard et regrette le dérangement de ces Messieurs" (1).

Le 5 octobre 1882 il passe major de 2ème classe et sa thèse de doctorat en médecine intitulée: « De la Pyocyanide et de son Microbe. Applications cliniques", il publie un grand nombre de notes sur ce bacille redoutable et sur ses pigments.

Il passe à l'hôpital du Gros Caillou le 19 octobre 1882 puis participe au corps d'occupation de Tunisie le 22 juin 1883 où il reste cinq ans (1882-1887) à l'hôpital temporaire d'Ain Draham, puis de Gafsa le 11 septembre 1883, puis à l'hôpital temporaire de Kheredin le 28 juillet 1884 et celui de Le Kram le 1 octobre 1844, de Kef le 25 avril 1885 et enfin de Sousse le 24 octobre 1885.il est nommé professeur agrégé du Val-de-Grâce à la chaire de chimie et expertise de 1887 à 1892 et il entre à l'institut Pasteur comme travailleur libre et il y donne des cours.

En disgrâce du fait de ses travaux peu en rapport avec les activités dévolues aux pharmaciens militaires et de plus avec succès, il est envoyé en poste à Sétif (Algérie) le 29 décembre 1892 petite ville de garnison. Là il n'a plus la possibilité de continuer ses recherches bactériologiques, dépourvu de matériel scientifique dans un poste de débutant sous les ordre d'un médecin plus jeune que lui. On y voit bien là les effets pervers de la jalousie et de l'animosité contre lui de ses supérieurs médecins et pharmaciens pour un vrai savant.

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 10 juillet 1894 et décoré le 14 juillet 1894 à Sétif.

Il est muté ensuite à l'hôpital militaire de Lille en 1898 où Calmette l'invite à travailler à l'Institut Pasteur de la ville. Il donne sa démission en prenant sa retraite par anticipation le 20 mars 1901.

Il se consacre alors à ses travaux à l'Institut Pasteur de Paris loin des querelles des médecins militaires qui voyaient d'un très mauvais oeil un pharmacien exceller dans un domaine qu'ils se croyaient réservé : la bactériologie.

Les pharmaciens militaires devaient se consacrer et surtout se limiter uniquement à la chimie, la biochimie, la toxicologie et la bromatologie jusque dans les années 1990, période tardive où ils pourront enfin démontrer leurs compétences dans tous les autres domaines de la biologie médicale en collaboration avec leurs collègues médecins comme eux biologistes médicaux. Cette reconnaissance depuis longtemps acquise dans la biologie médicale civile demandera un siècle et beaucoup d'énergie pour être acquise dans le service de santé des armées.

En 1914-1918 n'étant plus mobilisable, il participe cependant à l'effort de guerre en travaillant sur des préparations pour lutter contre les poux des tranchées.

Il travaille jusqu'à sa mort le 6 novembre 1925 à 75 ans.

Il restera le souvenir d'un homme modeste, droit, loyal et désintéressé qui se consacra toute sa vie à la recherche scientifique malgré toutes les difficultés qui lui ont été mises sur sa route. C'est un précurseur de la place normale prise désormais par les pharmaciens biologistes militaires dans la bactériologie et la virologie.

Travaux de Louis Charles Gessard selon Jacques Noroy et le cousin de Gesard, Edmond Bossard (1)

Travaux effectués au Val-de-Grâce (1881-1882)

Travaux effectués au Val-de-Grâce et à l'Institut Pasteur (1888-1892)

Liste des Travaux effectués à l'Hôpital militaire de Lille et à l'Institut Pasteur de Lille (1898-1901) et à l'Institut Pasteur de Paris (1901-1925)

Références

1 Jacques Noroy, Edmond Bossard. La carrière militaire et l'oeuvre scientifique de Carle Gessard. Revue d'histoire de la pharmacie. 1976, 64, 175-180.

2 Richet Nicole. Société d'histoire de la pharmacie. www.shp-asso.org

3 Bibliographies Institut Pasteur :http://www.pasteur.fr/infosci/archives/f-bio.html

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