Uniformes et grades des pharmaciens sous la Révolution et l'Empire.

De la révolution à l'An II (1793) voit une réorganisation du service avec la création d'un Directoire d'administration des hôpitaux d'un Conseil de Santé.

La Convention le 16 janvier 1793 décrete l'assimilation des officiers de santé avec les grades des officiers des armés.

Pharmacien chef : Général de Brigadeuniformes 1796

Pharmacien de 1e classe : Chef de Brigade

pharmacien de 2e classe : Capitaine

Pharmacien de 3e classe : Lieutenant

19 mai 1796. Après l'avoir annoncé à plusieurs reprises dans les lois du 7 août 1793 et du 3 ventôse an II (21 février 1794) le gouvernement révolutionnaire se décide à promulguer le 30 floréal an IV (19 mai 1796) un règlement qui décrit les nouvelles tenues des officiers de santé.

Le fond de l'habit-frac et la culotte demeurent gris légèrement plus bleuté qu'auparavent. La coupe différait un peu, au lieu d'être droit par devant, avec ou sans revers boutonnés, l'habit se portait croisé, les revers dégrafés dans le haut. Huit gros boutons les ornaient et les boutonnières étaient en simple poil de chèvre de la couleur du fond.

Les parements devaient être également gris bleuté avec une patte rectangulaire couvrant l'ouverture de la manche.

Le collet suivant la mode du temps était ample et rabattu et distinguait les trois professions du corps de santé. Les médecins noir, les chirurgiens cramoisi et les pharmaciens en vert. Cette couleur verte deviendra la couleur symbolique de la pharmacie jusqu'actuellement depuis 1796.

Sur l'image de droite, pharmacien de 1e classe à cheval entouré d'un chirurgien en chef à gauche et d'un médecin inspecteur général à droite règlement de 1796. Selon Acker : aquarelle de Rigo, collection du docteur Gérard.

Sous le Directoire, le règlement du 20 thermidor an VI (7 août 1798) décida que les uniformes des états-majors que non seulement le collet mais les revers et les parements seraient de la couleur attribuée à chaque fonction.

Ce règlement est important car il décrit pour la première fois comme ornement de l'uniforme du Corps de Santé un attribut médical destiné uniquement aux boutons de la tenue mais qui est destiiné uniquement aux boutons de la tenue mais qui est demeuré depuis le "Caducée". faisceau de trois banquette (les trois branches de l'art de guérir ), le serpent d'Epidaure (symbole de la prudence) entrelacé autour de ces baquettes. Le faisceau est surmonté d'un coq (symbole de la vigilance de la république).

Les broderies d'or, réduites au minimum ornaient simplement le collet et parfois le parement pour différencier les nouvelles dénominations de pharmacien en chef (inspecteur) première, deuxième et troisième classe.

En 1803 le règlement du 1er vendémiaire an XII, le miroir de la prudence remplace le coq et une branche de chêne et une de laurier symbole des vertus militaires et civiques remplacent la couronne de laurier. Ce même règlement qui correspond à la fin du Consulat le bleu national est remplacé par un bleu turquoise dit bleu barbeau ou bleu bleuet. Malgré le port de l'épée avec dragonne, les protestations se multiplient et certains officiers démissionnent pour ne pas porter cette couleur très mode à l'époque mais jugée ridicule.

Beaucoup des membres de santé se bornèrent à porter l'uniforme de leur Arme ou de leur régiment agrémenté de détails leur rappelant leur fonction.

Ce règlement sera en vigueur jusqu'en 1821 où la décision ministérielle du 4 décembre l'habit-frac devient bleu roi à pans carré les collets gardent leurs couleurs distinctives, le chapeau est à trois cornes avec plume noire et cocarde mais la dragonne de l'épée est supprimée.

 

 

Référence :

Pierre Acker. De l'Apothycaire du Roy au Pharmacien Chimiste des Armées. ORA édition. Paris. 1985

Sylvie Oullieux. Thèse de pharmacie "contribution à l'histoire de la pharmacie : les pharmaciens de la Grande Armée" université Claude Bernard Lyon I. 5 décembre 1986.

Francis Trépadoux. Histoire des sciences médicales. 2014, XLVIII, n°3, 305-316.

 

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